Cet article Découvrez la magie d’un livre animé en carton fait-main est apparu en premier sur http://cours.beauxarts.fr/
Thomas réalise pour nous un livre animé magnifique : poétique, magnifique, cet objet pour enfants et adultes fait rêver. Et Thomas l’a réalisé du début à la fin ! Inspirez-vous !
J »ai rencontré Thomas un peu par hasard pendant qu’il était en train de faire quelque chose de magnifique, un objet extraordinaire. C’est un livre d’enfant animé créé à l’occasion des fêtes de fin d’année mais c’est très beau comme une œuvre d’art. On va le découvrir ensemble et puis surtout on a la chance d’avoir Thomas avec nous pour nous dire tous ses petits secrets d’artiste. Le livre n’a pas encore de nom mais en tout cas, c’est un petit cadeau sympa qui va surement faire plaisir aux enfants. C’est magique car c’est en trois dimensions (3D) et ça se déplie en plus. Le livre raconte une belle histoire. L’artiste qui l’a créé est un poète, un écrivain et un peintre talentueux. Le mot d’ordre est qu’il partage tout son savoir avec nous. On va d’abord parler du matériel puis, on fera un gros plan sur l’œuvre.
Qu’est ce qu’il nous faut comme matériel ?
Alors vous allez voir que le matériel est tout en carton papier. Thomas utilise aussi de la colle blanche sans acide, des encres, de l’acrylique et du vernis. Pour la matière première, on doit avoir en notre possession beaucoup de carton. Le choix de l’épaisseur va dépendre de l’âge des tout-petits à qui on destine le livre. Si ce sont des enfants qui ont déjà passé le côté tactile et le stade « je casse tout », on peut partir par exemple sur du carton mousse parce que c’est beaucoup plus facile à découper. Par contre, il faut utiliser un carton gris si les enfants sont encore plus ou moins en bas âge et n’ont pas encore la maîtrise totale de leur force car ce matériau se déchire et se plie peu facilement. Pour l’épaisseur, Thomas a pris un carton d’un millimètre et demi. C’est super rigide mais le plus embêtant est qu’il est beaucoup plus difficile à découper. Il demande donc plus de coup de cutter et un peu plus de force de poignet mais le résultat est là, il en vaut la peine. Avant d’utiliser le carton gris par contre, il faut mettre un coup de gesso sinon il va absorber toutes les couleurs à cause de son acidité. Ce produit permet d’une part de blanchir le support et d’autre part, on obtient avec lui une bonne surface d’accroche sur laquelle on pourra utiliser de l’encre et de l’acrylique. Ca donne également une finition de bonne qualité.
On a donc besoin d’un carton gris d’un millimètre et demi d’épaisseur, de deux voire même trois cutters neufs si possible pour avoir toujours une bonne lame. Pour la couverture, il nous faut également du skivertex, une sorte de papier de couverture spécial cartonnage en simili cuir. Il a énormément de couleurs et de motifs mais on a choisi une imitation liège un peu orange parce que cette teinte est pétante pour les enfants. On peut éventuellement retravailler le dessus pour ajouter un titre et ce genre de chose par exemple ou le laisser tel quel. Comme c’est une matière très souple, ça permet d’avoir des finitions propres et ça adhère bien avec la colle pbt pH neutre. Pour la peinture, Thomas utilise un petit set d’acrylique en petits tubes car ça donne beaucoup plus de nuances. Il faut aussi prévoir beaucoup de blanc et de noir selon le thème choisi. Là par exemple, c’est la souris en ville et ses vies nocturnes. Le gesso blanc est une bonne idée mais si vous avez du gesso noir, vous gagnerez aussi beaucoup de temps donc il ne faut pas hésiter à varier. On va faire un zoom, on va filmer ça puis on va le réaliser étape par étape.
Thomas n’a pas réalisé une mais quatre séries de livres. Pour gagner du temps, il en a fait trois d’un coup et ça a été rapide. On a des étapes à terminer donc on va vous montrer tout ça dans un gros plan de l’ensemble. On espère que la fabrication n’aura plus aucun secret pour vous à la fin de la vidéo.
Le secret de fabrication du livre pour enfant de Thomas
Alors chaque page comptera trois feuilles parce qu’il y a plusieurs plans donc il nous propose de partir sur six cartons. On trouve que ce qu’il nous propose n’est déjà pas mal. Il faut toujours commencer par faire d’avance un petit croquis pour savoir où on va et ne pas perdre du temps ni de l’énergie. Comme on va prendre le thème des animaux, le premier plan sera donc accaparé par les bêtes, le second par leur milieu et le troisième accueillera le ciel comme fond. Comme ça, ce sera plus simple et plus sympa à travailler.
Donc, on part sur du carton de dimension 20 x 20. C’est un format qui se prend bien en main. Il parait grand pour les enfants et tenable pour les adultes. On commence à dessiner les croquis sur le carton gris qu’on a enduit de gesso. En l’occurrence, on va faire un ours sur la banquise. Donc là, il y aura une partie du fond avec le ciel. Ici, ce sera la mer et là, deux ou trois icebergs. On a réalisé beaucoup de petits modèles comme celui-ci qu’on peut tout de suite utiliser pour gagner du temps et ne pas avoir à les refaire à chaque fois. Je vérifie que mon dessin colle bien au niveau de l’échelle. Une fois qu’on a fait les petits dessins, on commence la découpe pour le premier plan.
Là, on enlève toute la partie inutile c’est-à-dire qu’on va faire le vide pour qu’on puisse voir les plans de derrière. On profite de cette bonne règle pour faire la découpe des lignes droites. C’est l’intermédiaire entre le premier plan et le fond qui sera le ciel. Aujourd’hui, le kraft gommé blanc sera un de nos principaux alliés. Il est essentiel pour pouvoir assurer la bonne tenue du livre et faire en sorte qu’il soit quand même assez rigide. On ne va pas refaire toutes les étapes des peintures mais on va vous expliquer la base. Pour chaque ensemble de pages recto verso, il faut trouver une gamme de couleurs cohérente. Pour la banquise, on voulait mettre en avant le coucher de soleil plus le bleu très pâle de la glace légèrement modifié par la lumière et le blanc de la neige. Là, on prend un bleu basique primaire avec un petit peu de turquoise et ensuite on réalise un premier glacis pour donner une légère teinte sur l’avant. Après, on passe directement au fond et là, on essaye de le finir c’est-à-dire qu’on va utiliser cette base pour donner notre nuancier final pour les premiers plans et la page de texte. Pour le fond, on a superposé du blanc sur lequel on a mis du jaune pour éviter qu’il se mélange avec le bleu et donne du vert. Ensuite, on a posé délicatement notre bleu qu’on a teinté avec des petits bouts d’étoiles, éparpillés avec une brosse à dent en deux trois coups. C’est très rapide et facile à réaliser.
Une fois qu’on a notre fond, on va essayer de faire l’équivalent de la couleur pour faire la transition du milieu. Ce n’est pas facile de filmer mais il y a vraiment un espace à combler sur le côté donc il faut essayer de trouver quelque chose qui se passe bien au niveau de la teinte. Après, on rajoute un peu plus de détails pour tout ce qui est en avant. Comme c’est un livre réalisé sous le thème des animaux, on va recerner un petit peu les contours avec du crayon gris et des crayons de couleur. Le but est de faire ressortir les formes afin que les tout-petits puissent faire la différence entre les nuances. Il ne faut pas faire des choses compliquées vu que l’œuvre est destiné à des jeunes lecteurs.
Pour exécuter cette page, le plus simple serait de travailler de l’encre. Comme elle est liquide, on peut la manipuler très bien et même si c’est définitif, il ne faut pas avoir peur. On doit juste choisir la bonne nuance en rapport avec le travail qu’on a réalisé avec l’acrylique sur le volume. De là, on prend une ou deux couleurs ou une teinte qu’on a travaillé un petit peu avec quelques variantes. Comme on a besoin d’eau, on a décidé de remplir un pulvérisateur car c’est un outil très pratique. On va l’utiliser pour humidifier notre carton mais avant, il faut mettre un drawing gum sur les endroits qu’on veut laisser en blanc. Dans le livre, on a fait un effet gribouillis mais vous pouvez faire ça de manière plus délicate selon votre thème. Nous, on a choisi des petits motifs très funs.
On humidifie copieusement le support et on laisse sécher le drawing gum. Ensuite, on laisse tomber quelques gouttes d’encre sur différents endroits du drawing gum de telle manière qu’elles ne vont pas imprégner directement la feuille. Elles vont rester en surface sur cette cache. On remet encore de l’eau pour être bien sûr que ce soit humide et on prend une feuille de papier aluminium ou une feuille en plastique qu’on étale à la main. De cette manière, toute l’encre va s’éparpiller à la surface sans laisser des traces de pinceau. Ca nous donne quelque chose de rapidement fait et un très bel effet final.
On passe maintenant à l’étape de la couverture. Elle a son importance parce qu’elle va protéger notre travail. En plus, c’est la première chose qu’on va voir donc il faut quand même lui prêter un peu d’attention. On a choisi cette couleur parce qu’on sait que les enfants l’aiment beaucoup. Le skivertex est un matériau assez souple. On a choisi un simili cuir assez fin parce qu’il se travaille plus simplement. Avec la colle pbt, il adhère très bien et sans difficulté sur le support. Il faut privilégier un carton un peu plus épais que celui qu’on a utilisé pour l’intérieur, c’est-à-dire ayant au moins 2 millimètres d’épaisseur. L’objectif est que la couverture puisse être vraiment rigide. Peu importe qu’on utilise un carton gris ou blanc parce qu’il sera ensuite recouvert. Pour la découpe, il faut toujours veiller à avoir des pans de carton à lier avec le skivertex. Il faut laisser une petite marge pour pouvoir faire en sorte que la couverture soit souple et se plie facilement. Les angles du haut et du bas doivent être bien droits. Le fait qu’on puisse rajouter une tranche de carton de la même épaisseur entre les deux nous fait vraiment gagner du temps. On ne se prendra plus la tête à faire des micro-mesures en utilisant le même matériau. Si on est d’humeur créative, on peut rajouter des petits trous dans la couverture mais il faut y aller avec parcimonie parce que ça va jouer sur sa fragilité. L’avantage de cette option est que du coup, on laisse apparaitre notre travail par avance.
Une fois qu’on arrive à cette étape, on ne doit pas oublier de rajouter un petit bout de skivertex pour renforcer le milieu. Pour la fermeture, on a utilisé un aimant tout simple. On a inséré une petite plaque en métal entre le carton et le simili cuir. Ensuite, l’aimant est enroulé dans la matière accrochée à l’intérieur, également entre le carton et le skivertex. Il faut prendre la bonne mesure par rapport à l’épaisseur du travail pour que ça se ferme très bien et que ça s’ouvre facilement.
C’est superbe mais on n’a pas encore parlé de la finition. L’acrylique, c’est pratique mais ça peut se salir. Donc on a utilisé un petit vernis, notamment du satiné parce qu’il n’est ni trop brillant ni mat mais il donne un effet fini impeccable. Toutes les planches doivent y passer avant l’assemblage même celle de l’écriture mais il faut avoir la main légère pour cette dernière. Chez vous, n’hésitez pas à utiliser ce produit. Comme ça, le livre est préservé même si les doigts qui le manipulent sont sales. Etant donné que sa fabrication a pris beaucoup de temps, autant que ça dure un petit peu.
On a adoré voir Thomas à l’œuvre. Encore une fois, ce n’était pas prévu car on l’a juste attrapé en train de faire son livre. L’œuvre est magnifique et pleines de poésies. Sa beauté n’est pas seulement dans la façon de faire mais également dans l’histoire racontée dans le bouquin. C’est peut être pour les tout-petits mais on a surement envie de l’avoir. Il fait ressortir l’âme d’enfant qui est en nous. Ca nous plait aussi parce que ce n’est pas du scrap ni de l’encadrement. Il y a un mélange de cartonnage et d’habillage de feuilles, des beaux-arts et de l’écriture. C’est d’ailleurs ce qu’on aime, faire un doux mélange.
Un dernier conseil pour la route
On va donner un dernier conseil pour terminer. Pour l’assemblage, il faut utiliser un papier légèrement rigide, style maya, pour les charnières. C’est plus ou moins du bristol, parfait pour la tenue. Il faut mettre une marque de pliage, bien vérifier la position de chacune des feuilles et avoir la bonne mesure. De cette manière, l’ensemble va se coller tout seul quand on referme le livre. Les charnières prendront automatiquement leur position. Comme c’est un objet fait main au sens propre du terme, il ne se rapproche pas des livres manufacturés. Il doit être fait avec plaisir car si le travail ne vous donne pas envie, ça se verra tout de suite. Il faut réaliser des choses qu’on aime et qui nous fait du bien. On remercie Thomas Swin et ses bouquins pour ces moments d’exception. Tu seras toujours le bienvenu chez nous. Merci de nous avoir suivi et n’hésitez pas à partager cette vidéo. Au revoir et à bientôt.
No comments:
Post a Comment