Thursday, April 7, 2016

Filimage : connaissez vous le métier de chromiste ?

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Découvrez avec Fred le métier de Chromiste : coloriser avec une précision extrême  les photos fidèles aux vrais couleurs des objets… et imaginez ce qu’ils peuvent faire des photos de vos tableaux !



On salue Philippe et on le remercie de nous recevoir dans les locaux de sa société. C’est une entreprise qui travaille sur une niche particulière. On l’a choisi puisqu’elle nous a à la fois fasciné et intéressé. « Phil» vient de Philippe et « Image » fait référence à son activité qui est le traitement de l’image qu’on va voir par la suite dans les détails. Le Phil s’est transformé au fur et à mesure en Fil puisque la société s’est spécialisée dans le traitement d’images numériques pour le textile c’est-à-dire de la chromie. Vous allez voir que leur travail est génial.

La définition de la chromie

La chromie est en fait la mise en échantillon d’un produit. Il faut avoir un œil et savoir extrapoler ce que le client veut pour pouvoir exercer dans ce domaine. Filimage fait essentiellement du linge de maison donc tout ce qui touche au textile, les matières compliquées, etc. et se spécialise dans le très haut de gamme. Sa clientèle est constituée par des entreprises qui ont une certaine notoriété. Les images traitées sont des éléments imprimés, des prints, des photos, des modèles qui présentent les produits des pubs de magazine. Tout ça est très intéressant et on souhaite savoir comment ça se passe.

On travaille sur une photo qui est très belle à la base mais il y aurait certainement des petits paillassons de couleurs. On va essayer de ramener cette variation avec les échantillons que les clients vont nous envoyer. Ces derniers nous permettent de voir le vrai grain de la matière et son aspect physique. Maintenant qu’on a tout ce qu’il faut en main, on va essayer de trouver une solution pour pouvoir s’y rapprocher tout en essayant de comprendre le photographe, notamment ce qu’il a voulu mettre en avant, en regardant la lumière.

Chromiste est bien le mot. C’est travailler la couleur sur les images. Sans rentrer dans les détails, Filimage utilise des matériels particuliers pour leur exercice. On doit avoir un écran calibré pour le print et un autre qui est un peu différent pour le web. Chez Philippe, son appareil fait les deux. Donc, quand on retouche une photo pour le web, on le fait sur le même écran mais avec un outil de réglage particulier : le RVB, mais on est sur CMJN pour les couleurs et tout ce qui est print. On travaille en amont là-dessus.

La démonstration

Philippe va maintenant nous expliquer comment il procède. Donc on reçoit des images fournies par les clients ou directement par les photographes, comme celle-là par exemple, et on doit faire leur mise à échantillon. C’est la décoration de table d’une maison pour une grande marque française. La demande du client est de mettre ce produit à l’échantillon qu’on a reçu et en même temps de faire des retouches parce qu’apparemment, les pôles ne leur plaisaient pas.

Mais que veut dire « à l’échantillon » ? Disons que dans l’image que le photographe a faite, on a des petites variations de couleurs entre l’extérieur et l’intérieur. La lumière régnant sur la terrasse n’est pas la même que celle en studio et n’a rien à avoir non plus avec la luminosité naturelle. Là sur l’écran, on peut bien sûr retourner les images dans tous les sens. Philippe travaille sur une tablette graphique car comme nous le voyons, c’est quand même ce qu’il y a de mieux pour faire de la retouche. Exercer là-dessus facilite la tâche.

Là on peut voir l’image. On a tout enlevé au fait y compris les cactus. La demande était d’extraire les reflets qu’on voit ici et de réinventer la table avec. Pour voir comment on a traité la couleur du tissu, on va se mettre sur le même plan. On va remettre tout ça droit puis on va pouvoir voir ici la différence entre les deux images. Ici, on a une couleur qui est à l’échantillon qu’on a eu dans la main c’est-à-dire conforme aux attentes du client. On ne doit pas juger les photos à l’œil puisqu’on a des images fines calibrées sorties de l’imprimante. Donc là, la machine est réglée pour le print donc on va procéder sur cette calibre et rajouter de la lumière pour ensoleiller un peu l’image, reverdir tout ce qui est sombre surtout qu’on avait des choses, des petits feuillages qui sont en fin de vie.

La conclusion de tout ça est que Philippe va raccorder tout ce qu’il vient de nous faire découvrir aujourd’hui dans ce métier qu’on ne connaissait pas. Et puis dans notre univers de marchand de couleurs, c’est qu’en fait des artistes peuvent s’adresser à lui pour pouvoir avoir des impressions absolument fidèles à un tableau ou à un original qu’ils auraient photographié ou ont demandé de faire. Le métier de Philippe est d’être le chromiste, c’est-à-dire chercher les retouches pour avoir le rendu exact de la couleur. Il peut y avoir une petite tâche qui peut trainer sur une photo ou sur un tableau et il vient la rectifier. Il y a toujours un effet de lumière et des reflets qui se projettent dessus. C’est incroyable puisqu’on a des artistes qui travaillent sur des travaux mats, les aquarellistes par exemple. Comme l’aquarelle a pleine de sensibilité, ça peut être génial d’avoir la possibilité d’obtenir une copie avec des couleurs extrêmement conformes. Il l’a fait à une époque pour un musée. Ce n’était pas pour parfaire l’image mais pour récupérer cette matière de peinture qui disparaissait quand on prend la photo de face. Dans cette position, on ne voit plus du tout les reflets donc c’est un vrai travail. On n’est plus sur l’aquarelle, les traitements des matières, etc. La lumière qui vient raser la photo perturbe la ligne des couleurs mais lui donne ce volume. Lorsqu’on enlève ça, on n’a plus de volume et la teinte revient à la normale. Notre rôle est de rectifier tout ça.

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